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NEUVIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
été sans quelque éclat; elle s’est vue officiellement appe-lée, de concert avec les autres sciences morales et po-litiques, par l’autorité justement émue, à la défense dela société menacée, et, dans cette œuvre importante, ellea dignement rempli son rôle.
Je pourrais donc me dispenser de présenter aujour-d’hui la justification de l’économie politique. Cependant,j’estime qu’il n’est pas superflu de montrer en quoi lesattaques qui ont été dirigées contre elle sont injustes, etc’est ce que je vais essayer.
Ces accusations attestent une confusion d’idées qu’ilest utile de débrouiller. C’est une bonne occasion de fairevoir ce que c’est que l’économie politique, quel est le butspécial qu’elle s’assigne, quelle est la nature de l’ac-tion qu’elle prétend exercer. Et peut-être n’en faudrait-il pas davantage, si un exposé pareil était bien fait, pourlui concilier une partie de ses adversaires eux-mêmes,car ces adversaires, je n’en doute point, ne recherchentque la vérité.
L’économie politique, à ce qu’ils assurent, prend soussa protection l’égoïsme, puisqu’elle reconnaît l’intérêtpersonnel comme un mobile légitime, et lui accorde unrôle important. Elle est sans cœur ni entrailles ; elle fe-rait volontiers l’apothéose de la cupidité la plus insa-tiable et la plus barbare, car la concurrence est-elle doncautre chose? Elle classe parmi ses autorités Malthus,dont la doctrine repose sur un principe cruel, car il a dità une partie des membres de la famille humaine qu’ilsétaient de trop au banquet de la vie. L’économie politique,poursuivent-ils, est hostile au pauvre et courtise le riche.Toutes les tendresses qu’elle peut avoir, elle les réservepour le capital, qui est l’agent de l’exploitation del’homme par l’homme. Non-seulement elle est impuis-sante à donner du soulagement au grand nombre qui