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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
souffre, mais elle insulte à la misère du malheureux ;quand on la presse de s’expliquer sur les procédés qu’ellerecommanderait pour l’avancement de la société, dansle nombre et avant tout, c’est l’épargne et la tempé-rance qu’elle indique, l’épargne à ceux qui n’ontrien, la tempérance à des gens qui meurent de faim!
S’il y a dans cet auditoire, ce qui est possible, despersonnes qui n’aiment pas l’économie politique, ellestrouveront, je l’espère, que je viens de reproduire lesreproches qu’ils lui font, sans tempérer en rien la rigueurde leur langage.
Examinons donc si ces plaintes véhémentes sont fon-dées ; cherchons si l’économie politique a les mauvaispenchants qu’on lui suppose, et si c’est bien à elle qu’ilfaut s’en prendre de tout ce dont on l’accuse. Procédonsà cet examen tranquillement, sans acception de per-sonnes, en nous plaçant au-dessus des passions politiques,qu’on doit toujours laisser à la porte des enceintes con-sacrées à la science.
Ce qui a servi de prétexte à l’accusation.intentée contrel’économie politique de favoriser l’égoïsme, c’est qu’ellereconnaît l’intérêt personnel pour le principal mobile del’industrie humaine, et qu’elle approuve, qu’elle recom-mande qu’on mette ce ressort en jeu par l’énergiquemoyen de la concurrence. L’intérêt personnel, dit-on,est l’égoïsme même, et les excès auxquels la concur-rence donne lieu peuvent être qualifiés de saturnales del’égoïsme.
Que penseriez-vous, Messieurs, d’une personne quireprocherait aux astronomes de baser leurs calculs surla loi de l’attraction universelle découverte par Newton,ou qui s’élèverait contre les constructeurs de machines àvapeur, parce que leur point de départ est cette propo-sition, que l’eau vaporisée a une grande force d’expan-