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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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NEUVIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

sion? Tous jugeriez, n’est-il pas vrai, que la réprimandeest fort malavisée. Ceux qui, de nos jours, font un crimeà l’économie politique du rôle qu’elle accorde, dans sesraisonnements, à l’intérêt personnel, tombent dans uneméprise à peu près semblable. Il est aussi impossible deconcevoir la production de la richesse sans l’action per-manente et intense de l’intérêt personnel que le méca-nisme planétaire sans la gravitation, ou que la machinedue à Papin et à Watt sans la force élastique des li-quides vaporisés. L’homme est porté à produire la ri-chesse par la force des appétits et des besoins qu’il res-sent dans sa fibre même. Ce sont d’abord ses sensationsindividuelles, ou celles des personnes dont la vie estétroitement liée à la sienne, et dont il est le protecteurnaturel, qui le provoquent au travail dont la richesse,ou l’aisance, ou le simple maintien de l’existence est lefruit. Il faut qu’il se défende, lui et sa famille, contre lafaim, contre le froid, contre toutes les intempéries dessaisons. Il veut non-seulement conserver, mais orner sapersonne et celle de ses enfants; il veut rendre com-mode sa demeure. Tout cela est essentiellement person-nel, c’est le cri du moi, qui lutte pour s’approprier desobjets extérieurs. Yoilà pourquoi l’acte de produire dela richesse a toujours été et sera toujours, en vertu de lanature humaine, par l’ordre suprême du Créateur quia composé cette nature, un acte personnel, relatif à l’in-dividu ou au petit monde de la famille. Les besoins del’homme sont tellement pressants; il y faut une satisfac-tion tellement immédiate, tellement incessante, qu’il n’yaurait pas moyen d’y subvenir si chacun n’en faisait sonaffaire personnelle.

On en a fait la remarque avec beaucoup d’à-propos der-nièrement ; plus la société s’est perfectionnée, plus la pro-prié té y est devenue individuelle, ce que nos adversaires