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-NEUVIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
en même temps. Abolissez la propriété des capitaux, lapropriété individuelle, et vous tarissez à l’instant mêmela source d’où les capitaux sont sortis ; vous brisez l’ai-mant qui attire et retient les parcelles de cette substanceindispensable au bien-être des hommes et à la puissancedes États.
L’économie politique jusqu’ici a eu peu de vogue enFrance, et au contraire les systèmes qui lui ont fait laguerre ont trouvé facilement des adhérents ardents etsincères et nombreux, même parmi les classes qui reçoi-vent une éducation soignée. Ce n’est pas un effet sanscause.
La nation française brille par l’éclat et la fécondité deson imagination : c’est le secret de ses triomphes dansune glorieuse carrière, celle des lettres et des arts. C’estune des causes de l’ascendant qu’elle a exercé tant defois dans le monde. C’est sa force, mais c’est aussi, mal-heureusement, sa faiblesse. Elle a la passion du mer-veilleux. Le soudain et l’imprévu la charment et l’entraî-nent. Elle aime à procéder à ses évolutions par laméthode des changements à vue. Or, précisément l’éco-nomie politique est une des branches de l’arbre desconnaissances humaines où l’imagination a le moins deplace. Elle se méfie du merveilleux et le repousse : elletraite par le procédé d’une froide analyse les importantesquestions qui sont plus particulièrement de son ressort,celles qui touchent à la condition matérielle des hom-mes et à la richesse des sociétés.
L’économie politique ne fait aucun cas de la pierrephilosophale et de la panacée, et chez nous, plus quechez d’autres peuples, on croit volontiers à ces chi-mères.
Assurément, en ce moment-ci, les hommes ont cesséde croire qu’en manipulant le plomb et le cuivre dans