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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DIXIÈME DISCOURS D’OUVERTURE,stitue l’homme, c’est l’esprit. L’esprit, voilà le principedu principe de Smith: voilà la puissance dont le travailrelève ; voilà le capital qui contient et produit tous lesautres, voilà le fonds permanent, la source primitive etinépuisable de toute valeur, de toute richesse.

« Toutes les forces de la nature, conme toutes lesforces physiques de l’homme, ne sont que des instru-ments de cette force éminente qui domine et emploietoutes les autres. »

J’avais à Cœur de faire ressortir avant tout ce carac-tère spiritualiste de l’économie politique ; il me sembleque c’est déjà l’ennoblir et en prouver la moralité.Maintenant, j'entre dans le cœur de la question.

Depuis un siècle environ, les hommes ont posé, avecune hardiesse extrême, la question de savoir quellessont véritablement les bases de la société, quelles loispeuvent fixer convenablement les rapports de l’individuavec ses semblables. La liberté d’examen, après avoirété appliquée, dès le seizième siècle, aux choses divines,c’est-à-dire à tout ce qu’il y a de plus sacré, descenditaux choses humaines, ce qui n’a rien qui doive surpren-dre : quand on a escaladé le ciel, il est tout simple qu’onveuille dominer la terre. Mais l’entreprise, faite dans ledix-huitième siècle par les philosophes de l’Europe oc-cidentale, si elle était la conséquence logique, naturelle,infaillible, de la réformation religieuse du seizièmesiècle, n’en était pas moins pleine de périls. Ce qui s’estpassé en France, depuis soixante ans, l’atteste haute-ment pour la gloire de la patrie, sans doute, mais aussipour l’anxiété des générations présentes.

La réforme sociale, qui suit son cours en Europe depuisplus d’un demi-siècle, n’a pas été marquée, à beaucoupprès, par autant de catastrophes et de déceptions que laréforme politique proprement dite, qui l’accompagne.