DIXIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
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tapisserie. Malgré ces expédients ingénieux, ces pauvresenfants n’en restaient pas moins dignes d’une profondepitié, frappés d’une irrémédiable impuissance. De mêmepour être dans le vrai, en économie politique commedans toutes les sciences morales et politiques, il fautopérer sur la base de la nature humaine telle qu’elle estsans la mutiler, sans la déposséder de ses attributs, sur-tout de ceux du premier ordre.
Or, ce serait avoir une vue étroite et fausse de la na-ture humaine, que de prétendre que tous ses attributssont impliqués suffisamment par notre aptitude à laliberté.
Déjà, dans le courant de ce discours, j’ai eu soin designaler à vos esprits, en même temps que le principe dela liberté, comme ayant le même droit à nos respects,un autre principe, celui de la justice. Indépendam-ment des devoirs qu’a l’homme envers lui-même, j’aisignalé les devoirs qu’il a envers les différentes commu-nautés dont il fait partie, et particulièrement envers laplus grande de toutes, la société. Je reprends cette penséepour vous la présenter sous une autre forme, avec quel-que développement ; car elle est pour l’économie poli-tique du plus grand intérêt, et pour l’enseignementmême elle est d’une utilité souveraine.
Sans doute, l’homme est, sans aucune comparaison,le plus personnel des êtres, je veux dire celui qui a la per-sonnalité la plus énergique et la plus active, et par con-séquent celui qui a le plus besoin de la liberté, et par laliberté acquiert le plus de puissance ; mais en mêmetemps l’homme est de tous les êtres le plus sociable,celui qui peut le moins se passer des liens et. des res-sources de la sociabilité, celui qui par la sociabilité ac-quiert et rend le plus. Dans nos sociétés civilisées ,l’homme est engagé par les liens de. la sociabilité de