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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DIXIEME DISCOURS D'OUVERTURE.

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à admirer et à envier l’homme 'qui vivait seul, loin detoute autorité, en dehors de toute organisation consti-tuée, et les plus grands esprits eux-mêmes payèrent untribut à cette manie en vantant, dans d’immortels écrits,la liberté dont jouissaient, à ce qu’ils disaient, des peu-plades sauvages ou barbares. Jean-Jacques Rousseau esten contemplation devant la liberté et le bonheur du sau-vage qui vit au milieu des bois. Raynal, partageant cettevive admiration, l’a exprimée dans son Histoire philoso-phique et politique des deux Indes. Cette opinion, qui con-sidère le sauvage comme le type de la liberté, commeune sorte de perfection de la nature humaine, a comptéparmi ses prosélytes la plupart des hommes de l’écolephilosophique du dix-huitième siècle et ses continua-teurs plus voisins de nous. Montesquieu lui-même nepeut s’empêcher de signaler la grande liberté dont il croitque jouissent les peuples nomades, tels que les-Tar-tares.

L’illusion que nourrissaient les philosophes français,et en général ceux du continent européen, au sujet desprétendus avantages de l’isolement, provenait, en par-tie, de ce que les corps ou associations qui existaientalors et que la loi entourait de toute sa protection, étaientfondés sur le monopole ou le privilège, et étaient ainsi àcharge à la société. Les corporations d’arts et métiersen sont le plus remarquable exemple, celui qui devaitfrapper davantage les hommes dont l’esprit était tournévers l’économie politique. En vertu de ce penchant quiporte les hommes vers un extrême par la répulsion del’extrême opposé, de ce que la plupart des applicationsdu principe d’association se trouvaient ainsi perverties,on conclut que l’association elle-même était en soi unmal. C’était une bien mauvaise logique, mais une foisqu’ils fsont passionnés, les hommes ne raisonnent pas