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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
différemment. Une assemblée, au patriotisme et aux lu-mières de laquelle l’histoire rendra un insigne hommage,l’Assemblée constituante de 1789, en haine des anciennescorporations, fut ainsi amenée à mettre le principe d’as-sociation à l’index. 11 n’y eut plus de permis, en fait d’as-sociations, que les sociétés politiques qui travaillaient aurenversement de l’État, les clubs. J’ai déjà cité, danscette chaire, un décret de cette illustre assemblée, dé-cret dont l’esprit se retrouve dans vingt autres, où l’onnie positivement que les hommes qui se livrent à la mêmeprofession puissent avoir des intérêts communs, et où, enconséquence, on leur interdit absolument la faculté des’associer.
Ces erreurs, qui n’allaient à rien moins, les unes,qu’à nier la sociabilité humaine, les autres, qu’à repré-senter tout gouvernement comme un fléau de Dieu, etqui formaient ensemble un corps de doctrines, ont étéen honneur jusqu’à une époque rapprochée de nous.Maintenant, faudrait-il s’étonner si, lorsque tant de mo-ralistes, de philosophes et de publicistes se livraient àde pareils écarts, l’économie politique avait cédé au tor-rent ; si, à l’instar des théories dominantes, elle avaitexalté l’isolement sous la forme qui lui est propre, l’in-térêt personnel, et qu’elle eût contesté au gouvernementquelques-unes des attributions dont il importe qu’il soitinvesti pour le bon ordre économique de la société?
Mais avec le temps la civilisation s’instruit, à ses dé-pens, il est vrai. Les idées des philosophes, des publi-cistes et des moralistes se sont rectifiées : la sociabilitéhumaine est remise à sa place ; la société, et les gouver-nements en qui elle se personnifie, recouvrent leursdroits ; la science économique s’appuie sur une connais-sance de plus en plus exacte de la nature humaine. Si,par exemple, vous lisiez l’excellent traité d’économie