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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
comme s’ils étaient examinés au travers d’un microscope,d’autres sont moins développés, et quelques-uns se dis-tinguent à peine ; non que, pris en eux-mêmes, ils soientde peu d’importance, mais l’économie politique s’abuse-rait sur les attributions qui lui sont propres, si elle pré-tendait leur faire occuper sur son terrain un plus grandespace.
J’en fais l’observation à cause d’un des principes lesplus beaux de la morale, celui de la fraternité, qu’on arécemment encadré dans la devise nationale.
Le sentiment qu’on nomme aujourd’hui la fraternité,qui, depuis des siècles, était plutôt connu dans la languede la religion et de la philosophie sous le nom de lacharité, est, je tiens à le dire, un de ceux sur lesquels ilfaut compter le plus pour sauver la sociélé des périlsqu’elle court dans la conjoncture présente. La haine etl’envie sont les deux plaies les plus cruelles du corps so-cial ; l’esprit de charité est appelé à y verser un baumeadmirable. Mais cette vertu réparatrice n’a pas été re-gardée jusqu’ici comme du ressort de l’économie poli-tique.
L’économie politique, par le cercle où elle s’est cir-conscrite, a pour mission particulière d’apprécier lesactes par lesquels les hommes coopèrent à la produc-tion de la richesse, et les conventions en vertu desquellesils se partagent les produits. Elle ne néglige pas de mon-trer aux hommes qu’ils sont solidaires les uns des autres,mais elle s’occupe spécialement de cette solidarité quipeut s’inscrire sur un contrat ou se formuler dans uneloi, de celle qui, en un mot, dérive de la justice réci-proque.
La fraternité est une autre espèce de solidarité, unesolidarité d’un ordre plus élevé, je l’admets dès l’abord,car elle prend ses inspirations plus haut encore. Elle