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ONZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
qu’elles sont moins imparfaites. Notre corps est, ne nousen déplaise, une machine qui est soumise à des con-ditions de fonctionnement et de conservation analoguesà celles que, dans nos ateliers, un contre-maître atten-tif observe pour les appareils mécaniques qui lui sontconfiés. Yous n’ignorez pas que deux de nos savants lesplus renommés ont pu calculer ce qu’était l’homme con-sidéré comme une machine à vapeur, par rapport à lamachine motrice d’une de nos filatures, et évaluer la>consommation de combustible que l’appareil humainainsi envisagé exige pour un effet donné, tout comme onse rend compte dans les établissements de M. Cavé oudu Greuzot du nombre de kilogrammes de charbon quedévore une machine à feu de vingt ou de cinquante che-vaux (1). Mais cette machine, infiniment mieux com-binée que celles qu’exécutent les doigts des hommes,infiniment plus variée dans ses effets, est aussi infini-ment plus délicate. Elle exige donc aussi infiniment plusde soin, et ce soin consiste dans le bien-être.
L’homme religieux s’écrie quelquefois, dans ses trans-ports vers un monde meilleur, que le corps est une pri-son. Plusieurs des Pères de l’Église ont poussé cetteexclamation, et saint Paul la fit dans les termes les plusénergiques, vous les avez présents à la mémoire. Prison,soit, je'ne le nie point, lorsqu’à l’exemple de ces grandesautorités quand elles s’exprimaient avec ce véhémentdédain pour le corps, je me place en face de la vie àvenir; mais tant que nous sommes en ce monde, nousavons à être attentifs au bon arrangement de la prison,dans l’intérêt même du captif. La religion nous permetd’aspirer aux joies de la vie future, elle nous les montrecomme une ravissante perspective qui nous fait prendre
(i) MM. Dumas et Boussingault, Statique chimique des êtres orga-nisé*.