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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
en patience les maux et les injustices d’ici-bas; mais ellenous défend, avec une extrême sévérité, de rien fairepour dégager notre âme de la captivité où elle est enga-gée dans le corps. C’est que le corps n’est pas seulementl’agent de notre âme, il est aussi l’instrument de beau-coup d’épreuves qu’elle doit traverser pour parvenir àses destinées. C’est une doctrine rigoureusement main-tenue par l’Église chrétienne, que les épreuves ne sontvalables qu’autant que le corps reste, autant qu’il dépendde nous, dans la plénitude de sa force, en possession detous ses attributs.
Ici je touche à un point qui est le pivot de la discus-sion sur la question de savoir si la religion chrétienneapprouve les hommes qui recherchent le bien-être,pourvu, bien entendu, que ce soit entre certaines li-mites et sous certaines conditions. La doctrine duchristianisme sur le corps est un de ses traits distinc-tifs, un des côtés par lesquels il montre le mieux sa su-périorité sur les écoles philosophiques les plus renom-mées de l’antiquité, un des aspects par lesquels il est leplus favorable au progrès non partiel, mais intégral dela civilisation. L’école stoïque, une des plus justementadmirées d’avant le christianisme, admettait le suicide etle louait comme un acte héroïque; aux yeux du stoïcien,Caton d’Utique et Brutus qui se tuent sont des grandshommes, et la mort qu’ils se donnent en est une preuvenouvelle. L’Église chrétienne, au contraire, a toujoursconsidéré le suicide comme un des plus grands crimesqu’il soit possible de commettre. La mutilation volon-taire qui est un suicide partiel, l’abdication d’une partiede nos pouvoirs, a de même été condamnée et flétrie parelle. Le chrétien est rigoureusement tenu de conserverson corps et de le conserver intact. C’est un des sujetssur lesquels les conciles ont déployé le plus de fermeté