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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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ONZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 239

velot des héros d’Homère ou la pique des armées ro-maines. Les hordes de Brennus ou celles d’Attila ne fe-raient plus tomber les murs de Rome, et les esquifsgrossiers dont se composait la flotte des Normands neparviendraient plus du fond des mers du Nord jusquesous les remparts de Paris. Combattre est un art dont lapratique suppose la richesse, et de plus d’une façon. Ily faut de la richesse, parce qu’il y faut des approvision-nements immenses en armes, en munitions, en matériel.Promenez-vous à Yincennes, à Brest, à Toulon, à Stras-bourg, à Woolwich, àPortsmouth, à Cronstadt, àMagde-bourg, et calculez, si vous le pouvez, tout ce qu’il a fallude capitaux pour rassembler cette masse de fusils, decanons, de voitures, de navires, de boulets, de cartou-ches, de vêtements, de vivres. Pour que chaque gouver-nement se procurât tous ces capitaux, il a été nécessairequ’ils fussent dans les poches des contribuables ; doncles nations qui possèdent ces grands moyens militairesont de la richesse. Il est interdit de poursuivre la guerre,au delà d’un peu de temps, aux nations qui ne sont pasriches ; il y a des siècles que le maréchal de Trivulce ledisait. Et dans les temps modernes, quand une lutteeffroyable fut engagée entre le géant du siècle et unecoalition innombrable, lutte où l’homme de génie suc-comba, il est permis de croire que les événements au-raient pris un autre tour, si parmi les coalisés ne se fûtrencontrée une nation qui primait en richesse toutes lesautres, et qui put alimenter la guerre, alors que lesprinces du continent avaient tout épuisé autour d’eux.Mais laissons là ces lugubres souvenirs, contenons nospatriotiques regrets, ne nous départons pas du calme quisied à la science, et revenons froidement à notre sujet.

Restez un moment de plus, en philosophes amoureuxde la vérité, dans ces arsenaux où je vous avais conduits