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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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ONZIEME DISCOURS D OUVERTURE.

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en commençant. Est-il ou n’est-il pas possible qu’il y aitsur la terre une certaine aisance pour toutes les classesde la société ?

Afin de répondre à cette question, comparons l’exis-tence matérielle des hommes telle qu’elle est aujourd’huià ce qu’elle était dans les sociétés primitives. Si noustrouvons que les hommes se soient constamment avan-cés dans la voie du bien-être, le chemin qui a déjà étéparcouru nous donnera la mesure de celui que nouspourrons faire encore à l’aide de nouveaux efforts. Pourtermes de comparaison à placer en regard l’un de l’autre,je prendrai l’artisan de nos cités, et pour le passé, nonpas l’homme qui en était le pareil ou l’analogue, car jene trouverais à mettre en scène qu’un misérable esclave,mais bien une personne du rang le plus élevé. Je feraicomparaître devant vous rien moins que le roi des,rois,Agamemnon. Or, si je prends, par le menu la vie du roide Mycènes, il me sera facile de prouver, sans paradoxe,qu’elle était matériellement moins raffinée, moins assai-sonnée de bien-être, que celle du modeste artisan de nosjours. Agamemnon habitait une maison où il n’y avaitpas de vitres aux fenêtres, l’art du verrier n’était pasvenu jusque-là ; où pendant l’hiver il fallait grelotter defroid ou être enfumé, on ne savait pas construire unebonne cheminée en ce temps-là; où une fois le soleilcouché, on n’avait de lumière que celle d’un lampiongrossier, les lampes à courant d’air intérieur sont d’in-vention toute moderne ; Louis XIV lui-même dans sasplendeur ne les possédait pas. C’est à peine si les portesprincipales de son palais (je parle cl’Agamemnon) avaientdes gonds, et certainement elles n’avaient pas de serrure..Son trône, du haut duquel il recevait fièrement les en-voyés de Priam, ne valait pas un fauteuil rembourré àressorts comme les moindres fortunes en trouvent au-