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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

jourd’hui au faubourg Saint-Antoine. Pour se couvrir,lui et les siens n’avaient ni le drap qui est moderne, niles tissus moelleux et chauds de coton que nos manu-facturiers vendent 50 centimes le mètre. Il ignorait leluxe si hygiénique et si agréable d’une chemise de toileou de calicot, dont chacun chez nous, même dans lesclasses peu aisées, change au moins une fois par se-maine. Même durant les ardeurs de l’été, son corps avaità supporter le contact d’une étoffe de laine. La soie dontl’ouvrier, dans les bonnes années, donne une robe à safemme ou à sa fille, et qui orne si bien la personne, luiétait complètement étrangère. Les tissus de soie étaientmême si rares en Europe, il y a un petit nombre de siè-cles, que le roi d’une puissante nation, voulant recevoiravec apparat un ambassadeur du roi de France, s’estimaitheureux de porter une paire de bas de soie qu’il avaitempruntée à l’un des seigneurs de sa cour. La fameusetapisserie de Pénélope, si elle se retrouvait de nos jours,ne vaudrait pas, excepté pour les antiquaires de nos mu-sées, le châle de Nîmes que porte le dimanche la femmede l’artisan, ou la moquette dont tout bourgeois de Parisgarnit le plancher de son salon. Sur sa table, le maîtredes rois de la Grèce servait un bœuf entier : c’est un platque ne se permettent pas même les plus riches particu-liers de nos jours; mais ce n’était que du faste, ce n’étaitpas du bien-être. Le roi des rois, qui se servait de cuisi-nier à lui-même, manquait des ustensiles les plus com-muns parmi nous. Sa broche était un pieu de bois ; sesappareils culinaires se réduisaient à un petit nombre devases d’airain ; tout ce qui présentement rend l’apprêtdes mets sain et commode, le fer-blanc, la tôle, l’éta-mage, n’existaient pas encore, et on peut douter que lapièce énorme qu’Agamemnon ou Ulysse dressaient deleurs royales mains, eût la saveur de l’aloyau qu’une fa-