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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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ONZIEME DISCOURS D’OUVERTURE. 245

mille d’artisans se donne le dimanche. Sur la table du filsd’Atrée on ne voyait, en fait d’aliments, ni cette variétéde légumes, de fruits, d’animaux que les progrès de l’agri-culture et les échanges entre les climats divers mettentaujourd’hui à la portéedetoutle monde. En guise de sucreon n’avait alors que le miel, et celui même du mont Hy-mète est bien inférieur à la substance délicieuse que lesrégionséquinoxiales et, depuis l’industrie de la betterave,nos régions tempérées, fournissent à si bas prix. Le caféqu’ont chanté les poètes, et qui le mérite, le chocolatque nous a légué l’empereur mexicain Montézuma et quiest tombé dans le domaine du vulgaire, la plupart desépices que les îles de l’Asie nous envoient, manquaientcomplètement aux souverains de la Grèce. La coupe oùils buvaient était de métal, ou c’était la corne d’un ani-mal, objets moins commodes, moins aisés à tenir propresque le cristal dont se servent même les petites fortunes,que la verrerie qu’on rencontre aujourd’hui chez lesgens les plus pauvres. Les plats et les assiettes de leurtable étaient d’une terre sans vernis, qui après quelquesjours devenait graisseuse et odorante, et qui, par consé-quent, était d’un usage moins agréable et moins salubremême que la terre de pipe dont aujourd’hui cependantles cabarets de la barrière ne veulent plus. Le quadrigesur lequel le roi de la Grèce se montrait, les jours defête, aux nations rassemblées sur les bords du Simoïs etdu Scamandre ; celui auquel le bouillant Achille atte-lait des chevaux issus des coursiers du Soleil ; que dis-je, le char splendide sur lequel Alexandre le Grand fit sonentrée triomphante dans Babylone, étaient des véhiculesnon suspendus, et par conséquent d’un usage très-rudeen comparaison du fiacre de nos places et de nos omni-bus; c’était, quant à la douceur des mouvements, quel-que chose de comparable au camion bruyant dont les