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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
les jours suivants, consacre le temps qu’il a devant luià courber une branche d’arbre et en aiguiser d’autresafin d’avoir un arc et des flèches qui lui permettentd’abattre le cerf de la forêt plus sûrement et plus facile-ment, utilise ainsi son épargne pour multiplier sa puis-sance à la chasse, son occupation accoutumée. Dansun état social plus avancé, voici un manufacturier qui,voyant au bout de l’année qu’il a gagné une certainesomme, au lieu de la dissiper dans les plaisirs, s’en sertpour commander des métiers qui lui manquaient ou unemachine à vapeur qui agrandira la force de son atelier ;un cultivateur qui, après une bonne récolte, se trouvanten fonds, en profite, non pour accroître sa consomma-tion personnelle, mais bien pour acquérir une meilleurecharrue, ou pour barrer un ruisseau qu’il jette dans seschamps afin de les arroser; tous les deux pratiquentdans un ordre supérieur ce que faisait dans son humblesphère le pauvre enfant des bois dont je parlais tout àl’heure. Ils augmentent la puissance de leur travail futurpar le secours des fruits du travail antérieur, et c’estainsi que, à mesure que les individus ont, individuelle-ment et collectivement, plus d’esprit d’ordre et d’éco-nomie, la société s’assure, en récompense de son labeurannuel, une quantité de plus en plus considérable desobjets divers dont l’absence se traduisait par la misèrede certaines classes de la population.
Lorsque des individus, fussent-ils mus uniquementpar l’égoïste mobile de l’intérêt personnel, sont par-venus à agrandir la puissance de leur travail de celle decertains agents naturels, l’effet immédiat est qu’ils pro -duisent davantage. Le cultivateur fait chez nous plus deblé, plus de viande, plus de laine, plus de chanvre;dans les Etats du Sud de l’Union américaine, plus decoton brut ; dans les Etats du Nord, plus de salaisons