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DOUZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
En économie politique donc, pour traiter utilementdu progrès, il convient, d’après ce qui précède, de diri-ger sa pensée tour à tour à droite, vers la liberté et laresponsabilité individuelle , à gauche, vers l’égalité de-vant la loi ou l’esprit d’association ou la solidarité, quandil s’agira des rapports entre les citoyens d’un mêmeEtat, ou vers la réciprocité ou la fusion des intérêts despeuples, quand les parties contractantes ne seront pas dela même nation.
De cette manière, l’économie politique a ses pointsd’appui dans tout ce que le droit public a de plus certainet de plus respectable; elle fait descendre ses raisonne-ments des points culminants de la civilisation ; elle a sesracines dans les principes mêmes de la morale philoso-phique, dans les préceptes les plus sacrés et les plus vé-nérés de la religion.
En cela rien qui puisse surprendre des esprits judi-cieux. La doctrine générale qui est accréditée dans unesociété contient la théorie de tout ce qu’y font les hom-mes; elle préside à la marche de l’industrie par la mêmeraison qu’elle règle tous les autres modes de l’activitéhumaine. Que vous considériez les nations les plus éclai-rées, les plus sages, les plus puissantes, ou que vous ob-serviez les peuplades les plus arriérées et les plus gros-sières, l’industrie n’est que l’application des notionsacquises à l’esprit humain, de ses découvertes et de sesméthodes, à la satisfaction de certaines catégories de be-soins. De là résulte immédiatement que le degré d’a-vancement et les traits les plus saillants de l’industriechez un peuple, dépendent de son avancement spirituelet se conforment aux caractères et aux tendances de l’es-prit qui l’anime, caractères et tendances dont la clef estdonnée par la doctrine qui est dominante chez ce peuple.Et cette doctrine est nécessairement une religion et une