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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
aujourd’hui à leur apporterai faut avouer que nous enavons été payés d’avance. Ce que nous avons acquis desOrientaux est incalculable. Si le groupe des peuples de lacivilisation occidentale, les peuples aujourd’hui chrétiens,au lieu d’avoir le génie expansif et dominateur qui lesdistingue, et d’être avides de s’assimiler tout ce qu’il ya de bon au dehors, se fussent, comme les Chinois,garantis par une muraille contre l’introduction des idéeset des choses de l’étranger, nous serions privés d’unnombre incalculable d’objets qui répandent un grandbien-être sur notre existence, un grand lustre sur notresociété. Nous ne connaîtrions ni la soie, ni le coton,deux textiles dont nous faisons tant de produits mer-veilleux : nous n’aurions pas davantage la laine de ca-chemire. Noys serions privés de cette savoureuseliqueur qui délectait Voltaire, et que Fontenelle défen-dait contre ses détracteurs par le mot spirituel que voussavez. Nous manquerions de sucre et de vingt substancesmédicinales des plus renommées. Nous n’aurions pas laboussole, sans laquelle il n’y a pas de navigation lointaine,et, par conséquent, l’Amérique serait encore à découvrir.Nous ignorerions la numération décimale avec l’ingé-nieuse règle de position qui consiste à attribuer unevaleur décuple aux chiffres, à mesure qu’ils avancentd’un rang vers la gauche. Tout cela et bien d’autreschoses que je pourrais citer, nous est venu de l’Orientreculé. Bien plus, c’est un peuple de l’Orient, le peuplearabe, qui nous a amorcés à la civilisation, du temps quenous étions des barbares, et qui nous a rendu le dépôtdes lettres et des sciences, enseveli des mains brutales denos pères sous les ruines de l’empire romain.
C’est ainsi qu’en observant l’Exposition universelle del’industrie, et en se laissant aller aux réflexions qu’ellesuggère, on conçoit combien la politique d’isolement est