282 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
est établie la civilisation occidentale, parmi les matièrespremières du labeur industriel, les principales sont ti-rées des mêmes lieux. Ainsi pour tous les foyers manu-facturiers indistinctement, le coton vient presque toutentier des États-Unis; la plus grande partie de la laine,de l’Australie, ou de la Hongrie, ou des États barbares-ques ; une partie du chanvre, de la Russie ; plusieurssubstances tinctoriales les plus usuelles, l’indigo, la co-chenille, les bois de teinture, les laques, des Indes Orien-tales ou Occidentales. Partout les fonderies recherchentla fonte d’Écosse et les cuivres que les Anglais retirentdes minerais par eux colligés dans tout l’univers. Lapartie vive de tous les outils est faite d’acier, et celui-cise tire principalement du district de Sheffield en Angle-terre et de celui de Solingen en Prusse. Enfin les réac-tifs les plus employés dans les arts, les acides, les alca-lis, les substances cristallines, s’ils ne se puisent auxmêmes sources, se font par des procédés d’une précibionmathématique qui sont les mêmes partout.
Il y a déjà longtemps que, par l’effet de l’unité de ci-vilisation dans toute la chrétienté, les procédés de fabri-cation sont nécessairement les mêmes dans les différentsÉtats chrétiens. Ce sont les sciences qui servent de gui-des aux hommes dans l’industrie. Or, déjà du tempsd’Abeilard, les sciences s’enseignaient de la même ma-nière dans toute la chrétienté, et les hommes studieux,sans distinction de nation, se réunissaient dans lesmêmes universités autour des mêmes maîtres. Les com-munications s’étant perfectionnées, l’imprimerie et laposte ayant semé partout les livres et les recueils où lesinventions sont décrites et les idées applicables exposées,le concours des efforts à la fois scientifiques et industrielsa dû devenir de plus en plus actif. La confraternité dessavants, devenus plus qu’autrefois les conseillers de l’in-