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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DOUZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

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acquis à la science chimique, et au commencement dusiècle, M. Achard, de Berlin, a la pensée, qui paraît alorstéméraire, qu’il serait possible de fonder l’industriesucrière sur la culture de la betterave, et en consé-quence il élève en Silésie une fabrique de sucre debetterave, qui ne réussit pas. Un peu plus tard survientle blocus continental ; le prix du sucre est décuplé surle continent. Cette prime élevée encourage les hommesindustrieux. La découverte de Margraff et la tentatived’Achard leur reviennent en mémoire. L’empereur Na-poléon favorise leurs efforts, et la fabrication du sucreindigène s’organise en France en 1809. Actuellement elleprospère dans dix États du continent ; il est vraisem-blable qu’avant peu elle passera dans ces mêmes îlesbritanniques dont les hommes d’État naguère la mau-dissaient de tout leur cœur ou la raillaient avec amer-tume, selon qu’ils en croyaient le succès probable ouqu’ils le supposaient impossible (1).

A propos de la pérégrination que les découvertes in-dustrielles subissent pour arriver à la perfection, et dela coopération qu’y donnent plusieurs peuples, je citeraiun autre exemple propre à montrer le rôle que les pas-sions humaines remplissent quelquefois dans cette œuvre,et l’étrange façon dont elles sont déjouées dans leursdesseins. Lorsque l’Empereur Napoléon eut décrété leblocus continental, dans le but de tarir la source oùl’Angleterre puisait les moyens de lui faire la guerre etde lui susciter des ennemis, il conçut le projet de met-tre les peuples continentaux en état de se passer ducoton, substance exotique dont l’Angleterre fabriquaitdéjà en abondance des tissus fort recherchés sur le con-tinent, et d’y substituer d’autres substances textiles d’une

(1) It existe actuellement (1854) en Irlande deux fabriques de sucre debetterave. (Note de. la présente édition).