Buch 
Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
291
JPEG-Download
 

DOUZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. m

travail, à la prospérité commune. Je ne suis, pas éconormiste, mais, comme -philosophe et moraliste, je souscrisde toute mon âme à cette grande conception * »

Un mot encore, Messieurs : pour compléter La notiondu progrès, pour la rendre plus visible à vos- regards,j’imiterai les peintres qui font ressortir la lumière parl’ombre, je vous signalerai la cause la plus générale dêla rétrogradation et de la chute des sociétés. :

Il n’est pas possible à une société de demeurer longrtemps stationnaire. Le stationnement semble interditsurtout aux peuples actifs et remuants de notre OccidentLorsque, dans une société, les forces prépondérantes enirpêchent le progrès, le germe n’en existe pas .moins ; maisalors, au lieu de vivifier le i corps social, il y devient unélément de destruction. La société périt dans, des con-vulsions ou meurt lentement de consomption-dans : uneagonie, sans noblesse. L’observateur superficiel croit dé-couvrir l’origine de ces désastres dans des causes..exté-rieures ; il se trompe,.le mal est interne. C’est de. cettefaçon, c’est pour n’avoir pas.su s’assimiler des, progrèspour lesquels le monde était mûr, que les sociétés florisrsantés de l’antiquité ont tour à tour jonché le sol .des. dé-bris de: leur grandeur. Vous entendez souvent dire quece sont les barbares qui ont détruit le majestueux em-pire des Césars. C’est faire à ces hommes grossiersl’honneur d’une victoire qui ne leur appartient pasautant qu’on l’assure. La Providence, qui, selon la parolecélèbre de Bossuet, aiguillonne sans cesse les sociétéset leur ordonne de marcher sans cesse, leur retire inexo-rablement la vie quand elles n’obéissent pas. La sociétéromaine ne put trouver en elle la force de ramasser lecode nouveau que le Christ avait déposé devant elle, etqui lui eût indéfiniment prolongé l’existence ; elle futimpuissante à modeler dans son sein les rapports des