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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
(vous savez combien de siècles il a fallu pour qu’il com-prît ce que valait le fer et pour qu’il apprît à le bientravailler ) ; quand il invente de nouvelles machines,n’est-ce pas comme s’il ajoutait aux membres dont lanature l’a doué des membres nouveaux qui porteront lefardeau d’une servitude dont les premiers seront dé-sormais affranchis : n’est-ce pas comme si le genre hu-main tout entier ajoutait à ses organes naturels desorganes supplémentaires, à l’aide desquels ses facultésagrandies s’ouvrent de nouvelles voies dans des sphèresjusqu’alors inconnues. N’est-ce pas en un mot commesi la véritable liberté de l’homme, remportait à chaquefois une nouvelle victoire ?
C’est cette liberté-là que je vous recommande : c’estcelle dont je désire faire entrer la notion dans vos es-prits, parce que c’est celle dont doivent se préoccuperaujourd’hui tous ceux qui songent sérieusement ausort des classes ouvrières et à l’avenir des sociétés. Jevoudrais, tant je le crois utile, vous présenter la mêmeidée sous mille formes pour vous en mieux saisir. Suppo-sez donc encore que, par l’anéantissement des connais-sances acquises, les subsistances cessent tout à coupd’être assurées dans notre Europe civilisée, et que notrealimentation devienne de plus en plus incertaine et pré-caire : on verrait aussitôt la société reculer, la civilisationdécroître et la liberté s’amoindrir. Nous remonterionsde proche en proche au servage et à l’esclavage. Qui nousdit que nous ne retournerions pas jusqu’à ce mons-trueux régime de l’anthropophagie, sous lequel viventencore les habitants de la Nouvelle-Zélande, où les hérosdu jour tuent et dévorent les héros de la veille, en atten-dant qu’eux-mêmes soient tués et dévorés par les hérosdu lendemain.
Supposez que ce que j’ai appelé les organes supplé-