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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.

tiquité et les sociétés modernes, telles que le christia-nisme les a faites. Si du temps de Périclès, du tempsd’Aristote, du temps de Jules César, par un de ces coupsde théâtre, comme il n’y en a que dans les Mille et uneNuits, la puissance productive des sociétés eût été tout àcoup décuplée, centuplée, il est possible que tout lemonde n’eût pas profité de cet accroissement de richesse ;tout porte à croire même que le partage en eût été faitd’une manière fort peu équitable, que la multiplicationde la puissance productive n’eût guère servi qu’à susci-ter de nouveaux Lucullus. Mais aujourd’hui une répar-tition aussi inique serait impossible, et c’est pour celaque les hommes qui aspirent à voir changer la conditiondes classes nécessiteuses, doivent se proposer pour butle développement de la puissance productive des so-ciétés.

Les peuples anciens n’avaient pas, comme nous, reçu,pendant dix-huit siècles, l’initiation des principes évan-géliques sur la fraternité humaine. Le paganisme n’ap-prenait pas aux hommes à s’aimer et à s’estimer,tous sans exception. Aristote, ce puissant génie qui adeviné tant de secrets de la nature, que l’observation aconfirmés depuis, enseignait au contraire qu’il y avaitla nature libre et la nature esclave. Aujourd’hui, grâce àcette préparation chrétienne de dix-huit siècles, le genrehumain en est arrivé à se regarder comme une seulefamille ; l’idée des devoirs réciproques s’est répandue ;chacun a pris conscience de la dignité d’autrui ; lesentiment de la fraternité universelle a passé de l’Évan-gile dans la politique, et il a été inscrit dans nos con-stitutions sous le nom de l’égalité.

La conclusion, Messieurs, c’est que les améliorationsque l’industrie prépare, et les bienfaits qu’elle promet,profiteront à toutes les classes de la société. A cet