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COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
Telle est l’objection, et elle n’est pas nouvelle. Il y avingt ans qu’un député qui occupait dans l’administra-tion une position élevée, M. Syrieys de Mayrinhac, pro-clamait à la tribune que la France produisait trop, quec’était là son plus grand malheur.
L’erreur fondamentale des hommes qui pensent ainsiest de conclure du particulier au général et de prendrepour la règle commune et universelle ce qui n’est qu’uneexception et un accident. Sans doute, il peut arriverqu’un accroissement de production soit un mal. 11 estcertain que si une branche d’industrie augmente toutà coup ses produits dans une forte proportion sans queles autres se mettent à l’unisson, il peut, il doit mêmeordinairement en résulter pour, elle une crise cruelle.Supposons, par exemple, que les manufactures de drapsdoublent d’une année à une autre leur fabrication, lesprix de revient restant les mêmes. Si la richesse de lasociété ne s’accroît pas dans la même proportion, c’est-à-dire si les autres industries n’étendent pas leur pro-duction à peu près dans le même rapport, la fabricationdes draps aura été excessive, et cet excès amènera desdésastres ; car les autres classes de la société, n’ayant pascréé plus de marchandises, n’auront conséquemmentpas accru leurs ressources et ne pourront acheter plusde draps que par le passé ; d’où il suit que la moitié detout le drap fabriqué restera invendu entre les mainsdes fabricants , à moins qu’ils ne le donnent à moitiéprix, ce qui serait une infaillible manière de se ruiner.
Ainsi, un accroissement de production, lorsqu’il estisolé, c’est-à-dire lorsque les autres classes de produc-teurs n’ont pas de leur côté accru dans une mesure sem-blable la masse des articles à échanger, peut être un mal,cela n’est pas contestable.
Mais d’où provient le mal ? Uniquement de ce que,