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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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TROISIÈME LEÇON. 331

tandis que les uns ont produit davantage, mais aux mêmesfrais, les autres sont restés stationnaires, et n’ont pascréé les objets que les premiers eussent pu recevoir enretour de leur propre supplément de production.

Le mal, dans ce cas, ne prouve pas plus contre la fé-condité d’un accroissement bien ordonné de la produc-tion, qu’il ne serait permis de tirer argument contre lecommerce d’échange de ce que des spéculateurs igno-rants ont pu parfois envoyer dans des pays éloignés desmarchandises dont ces pays n’avaient aucun besoin. Ilest arrivé un jour à des commerçants parisiens d’expé-dier une cargaison de patins vers la zone torride ; quediriez-vous si quelqu’un prenait texte delà pour réprou-ver systématiquement les échanges?

De ce qu’un excès de production dans une branchesolitaire de l’industrie peut avoir des conséquences fâ-cheuses, on ne saurait donc rien conclure contre un ac-croissement progressif et bien harmonisé de toutes lesbranches delà production.

Les produits ne se paient qu’avec des produits. Pourqu’un industriel puisse acheter ceux de ses voisins, ilfaut qu’il en ait créé lui-même, et c’est pour cela qu’uneaugmentation de la production, lorsqu’elle est isolée etspéciale à une branche d’industrie, peut tourner au dé-triment du producteur. Mais si, en même temps quevous suscitez vous-même une nouvelle quantité de pro-duits, les autres en présentent de leur côté un supplé-ment, votre production, à vous, ne sera point excessive,et vos produits, trouvant à s’échanger, s’écoulerontavantageusement pour vous.

En thèse générale, il est donc moins exact de préten-dre qu’une industrie a trop produit, que de dire queles autres n’ont pas produit assez.

Partout où il y a des hommes en grand nombre qui