TROISIÈME LEÇON. 333
remède naturel, consiste dans un accroissement de laproduction ; c’est pour cela que dans la société actuelleil faut produire et produire encore.
Le juste sens de cette conclusion, c’est qu’il fautaccroî-tre la puissance productive, afin que la quantité de pro-duits que chaque homme fait rendre à son travail ailletoujours en grossissant. De la sorte, il sera possiblenon-seulement de subvenir aux besoins les plus impé-rieux de chacun, mais encore, et à mesure que cette fa-culté grandira, l’industrie deviendra assez féconde pourqu’on cesse de voir la majeure partie des hommescourbée tout le long du jour sous le poids d’une tâcheécrasante, et qu’il reste à tous, après le labeur, unpeu de loisir pour cultiver leur intelligence et donner sa-tisfaction aux besoins plus élevés de leur âme.
A ce sujet, il convient de se rendre compte des con-ditions dont l’accroissement de la puissance produc-tive exige le préalable accomplissement. Il en est uned’abord, qui est immédiate et principale : elle consistedans l’emploi de plus en plus étendu et généralisé d’ins-truments perfectionnés de production.
Mais l’emploi de ces instruments en suppose la pos-session, et on ne les acquiert que par l’épargne. C’estavec les fruits de F épargne qu’on élève les manufactures,qu’on bâtit les ateliers, qu’on se pourvoit de machinesde plus en plus parfaites et de matières premières. L’é-pargne n’est elle-même qu’un reliquat des produits dulabeur antérieur; d’où il suit que l’usage des instru-ments perfectionnés dont nous parlons suppose que lasociété en soit arrivée à ce point, que le travail de sesmembres ne soit déjà plus requis tout entier pour la sa-tisfaction de leurs besoins stricts.
Telle n’était pas la condition des nations de l’anti-quité ; les produits y suffisaient tout au plus aux néces-