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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
sités les plus urgentes, la consommation les engloutis-sait à peine échappés des mains des producteurs ; il enrésultait qu’au bout de l’année il ne restait rien oupresque rien à consacrer au perfectionnement desmoyens de produire, et, en conséquence, l’accroissementde la puissance productive était alors presque insen-sible.
Heureusement les sociétés modernes ont franchi ce pas.Après avoir satisfait aux besoins de leurs membres d’unemanière bien plus étendue que celles du passé, quoiqueinsuffisante encore, elles peuvent employer une masseimposante de ressources à améliorer les conditionsde la production. Ainsi, par exemple, en France, l’État,qui n’est pas à lui seul toute la société et ne disposeconséquemment que d’une partie relativement péu con-sidérable des revenus de celle-ci, consacre, depuis septà huit ans, une centaine de millions annuellement àaméliorer les voies de communication, qui sont des ins-truments très-avantageux à la production. Et je ne parleici que de l’administration centrale : en outre, les dé-partements et les communes dépensent pour le mêmeobjet de très-fortes sommes. Ce qui se fait ainsi par voiecollective pour les voies de communication, les particu-liers le font pour les manufactures, pour l’agriculture,en multipliant sans cesse les mécanismes qu’inventel’industrie humaine. Sans cesse de nouveaux établisse-ments s’élèvent, sans cesse des procédés perfectionnésse substituent à des méthodes vieillies : chaque année,on accumule ainsi sous une forme productive, les épar-gnes, au grand avantage des années à venir.
Il s’en faut de beaucoup cependant que les sociétésmodernes donnent à l’épargne tout ce qui pourrait luiêtre attribué, et qu’ainsi l’accroissement de la puissanceproductive acquière les proportions qu’il pourrait at-