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QUATRIÈME LEÇON,le pavé. Ces neuf ouvriers iraient vainement chercherde l’ouvrage ailleurs, car l’art mécanique aura dû s’in-troduire dans tous les autres ateliers ; ainsi, ils ne trou-veront nulle parta travailler et à vivre, ils rencontrerontpartout des malheureux privés comme eux de travailet de nourriture. »
Yoilà, Messieurs, l’objection dans toute sa netteté : onne m’accusera pas, je l’espère, d’en avoir diminué laforce.
Cette objection pèche par plusieurs points essentiels,notamment en ce qu’elle suppose que le progrès s’ac-complit partout à la fois, que l’introduction des ma-chines a lieu brusquement, sans transition, dans tous lesateliers et dans toutes les industries en même temps. C’estlà, cependant, une hypothèse gratuite. La gradation estdans la condition de toutes les choses humaines : elle alieu particulièrement dans l’ordre de faits qui nous oc-cupe; elle est inévitable, parce que les inventions et lesdécouvertes naissent par parties successives ; elle résulteaussi de la difficulté de se procurer les capitaux né-cessaires à leur mise en œuvre ; elle provient enfin de laroutine des industriels, de la résistance des intéressés,des préjugés du public, et de vingt autres causes.
Mais sans nous arrêter à ces observations préjudi-cielles, allons au fond de la question : examinons s’il estvrai, comme on le prétend, que les machines enlèvent àl’ouvrier d’une manière systématique son travail et sasubsistance.
Les faits, qu’il faut toujours appeler pour contrôler lesraisonnements, renversent cette allégation. Pour s’enconvaincre, il suffit d’observer la marche de l’industriedepuis une cinquantaine d’années. Je citerai particuliè-rement l’industrie cotonnière; parce que c’est une decelles que les inventions mécaniques ont révolutionnées
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