3 U COURS D ÉCONOMIE POLITIQUE.
le plus profondément, et en même temps parce qu’elleest une des plus importantes de l’Europe.
En France, elle est à la fois une des plus considéra-bles et des plus perfectionnées. Mais c’est en Angleterreque cette industrie éminemment intéressante a acquisles plus larges proportions.
Cherchons donc quel a été, sur le sort des ouvriersanglais, l’effet de l’introduction des machines dans lafabrication des articles en coton.
Il y a soixante-douze ans (en 1769), lorsque le célèbreArkwright prit son premier brevet d’invention pour samachine à filer, il y avait en Angleterre, d’après les do-cuments officiels :
5,200 ûleuses au petit rouetet 2,700 tisseurs,
en tout 7,900 personnes occupées à la fabrication des étoffes de coton.
Le salaire qui leur était alloué s’élevait annuellementà la somme de 3 ou 4 millions de francs.
Il y eut alors des coalitions et des émeutes contre lamachine d’Arkwright et contre celle de Hargreaves dontles essais avaient devancé de deux ans ceux de l’heureuxbarbier. L’ingénieux inventeur lui-même eut bien descontrariétés à subir, bien des obstacles à vaincre. Il fità sa machine plusieurs changements pour lesquels il pritsuccessivement plusieurs brevets. D’un autre côté, lamachine à vapeur de Watt, qui devait généraliser l’emploidu métier d'Arkwright, ne fut inventée qu’en®1774 : bref,ce ne fut guère qu’en 1773 ou 1777 que les filatures decoton mues par la vapeur commencèrent à se répandredans le Royaume-Uni.
Or, en 1787, dix ans après, pas davantage, une en-quête eut lieu par ordre du parlement, et il fut constaté,non-seulement que le nombre des ouvriers employés