QUATRIÈME LEÇON. 359
maintenant des locomotives. Cependant, loin d’avoir di-minué, le prix des chevaux a plutôt augmenté. L’expli-cation de ce résultat est bien simple : les chemins defer multiplient les voyages et les échanges dans une pro-portion considérable : l’établissement de ces nouvellesvoies de transport a produit un tel accroissement dansles communications latérales, qu’il en est résulté de l’em-ploi pour plus de chevaux que n’en occupaient aupara-vant les routes.
Ainsi, Messieurs, cette assertion, que les machinesfont perdre à l’ouvrier son travail et son salaire, estcontredite par l’expérience. Si parfois elle semble setrouver confirmée, ce n’est que dans quelques cas par-ticuliers, accidentels, momentanés , qui fixeront notreattention, mais qui, loin de pouvoir être cités comme unerègle, ne sont qu’une exception.
Quand on applique un procédé mécanique à la fabri-cation d’un produit, il s’ensuit généralement uneéconomie de main-d’œuvre et par conséquent une di-minution dans le prix de la marchandise. La baissedu prix amène nécessairement un accroissement dans lademande du produit ; cet accroissement est tel, que,pour se tenir au niveau de la consommation, les fabri-cants sont obligés d’augmenter le personnel de leursouvriers plus que l’emploi des machines ne tendait à leréduire. Ainsi, pour nous reporter aux termes de l’ob-jection qui se trouve formulée plus haut, si un seulhomme fait à l’aide d’une machine tel objet, qui exigeaitauparavant le travail de dix, la baisse de prix qui ensera la suite augmentera la consommation de cet objetà tel point, que non-seulement les dix premiers ouvriersresteront employés à côté de la machine, mais que bien-tôt d’autres encore y trouveront du travail et un salaire.
Telle est la règle que l’expérience a mainte fois dé-