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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
genre humain et avec son bien-être, plusieurs conditionsessentielles de sa liberté, de sa dignité, de son progrès.Mais comme si c’était une loi universelle et fatale que lebien n’existe jamais sans le mélange du mal, les bien-faits qu’elles dispensent sont quelquefois précédés desouffrances qui, pour être transitoires, n’en sont pas moinscruelles. Je m’explique : Le travail est le patrimoine del’ouvrier ; mais, pareil au possesseur d’un capital qui nepourrait se donner en gage ni en échange, l’ouvrier,quand il est sans ouvrage, si d’ailleurs il n’a pu ou suéconomiser sur les produits du labeur antérieur, setrouve livré au dénûment et à la misère. Or, c’est par-fois le premier effet des machines de priver d’emploi lesbras de l’homme, du moins quand elles apparaissent àl’improviste et se répandent rapidement. Tel n’est pas,nous le savons, leur résultat ordinaire, et alors mêmequ’il a lieu accidentellement, ce déplacement ne sauraitqu’être momentané, les ouvriers déclassés ne tardent pasà trouver de nouvelles occupations. Cependant le mal,s’il ne dure pas, peut sévir durement et signaler fort pé-niblement sa courte apparition au sein des classes ou-vrières. On en a vu de tristes exemples dans un paysvoisin, l’Angleterre. La France elle-même n’en est pasexempte. Quelques-unes de nos provinces en ont faitrécemment la triste expérience, à la suite de la décou-verte de la machine à fder le lin (1).
Mais une hypothèse nous mettra mieux en état d’ap-précier la difficulté qui peut résulter de l’introductiondes machines dans l’industrie. Il est, à l’extrémité del’Asie, un empire immense, couvert d’une populationplus nombreuse de moitié que celle de l’Europe entière,
(!) Les femmes qui vivaient de ce travail, et c’était notamment ungrand nombre des femmes pauvres de la Bretagne, se sont trouve'es unmoment réduites à un cruel dénûment.