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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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381
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SIXIÈME LEÇON. 381

Toujours pénétrés de l’idée que le travail est le re-mède le plus efficace contre la misère, les commissairesdemandent un accroissement du commerce d’exporta-tion. Mais l’exportation n’est que le premier terme d’uneéquation dont le second est l’importation. Un peuplene trouve à vendre ses produits à d’autres qu’à la con-dition de recevoir à son tour les produits de ces derniers.Par conséquent, les commissaires insistent sur la né-cessité d’une modification libérale du tarif des douanesanglaises. Ils signalent comme particulièrement urgentela réforme de la législation des céréales. On sait que lesblés étrangers sont frappés d’un droit énorme à ladouane d’Angleterre : de là des conséquences d’uneextrême gravité. D’abord la population paye le pain fortcher. C’est une taxe qui pèse lourdement sur les classespauvres; supprimez-la, et une multitude de famillesse trouveront soulagées. Mais dans le rapport, on in-siste particulièrement sur cette considération, que lalégislation en vigueur a amené de la part des pays quicultivent les céréales, particulièrement des États dunord de l’Europe, des représailles rigoureuses. Les Étatsriverains de la Baltique, trouvant les ports de la Grande-Bretagne fermés à leurs blés, ont refusé à leur tourd’accueillir les marchandises anglaises. Yoilà le marchéque les commissaires voudraient ouvrir aux fabriques del’Angleterre. C’est surtout à cette fin qu’ils réclament laréforme de la loi des céréales, et en général celle dutarif des douanes (1).

(1) Depuis l’année 1841, où fut faite cette leçon, l’Angleterre a complè-tement changé, son tarif des douanes. La législation des céréales a étél’occasion déterminante du changement, grâce aux efforts persévérants,courageux et habiles d’une association qui s’était formée sous le nom deLigue pour l’abolition des lois sur les céréales ( anti-corn-law League).Le principe de la liberté du commerce a été proclamé en 1846, sur la pro-position d’un ministre, M. Peel, qui, longtemps, avait été partisan des