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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
serands aux commissaires , qu’il suffit de quelquesheures pour apprendre à tisser à un homme intelligent.Tout ce qu’il y a en Angleterre d’ouvriers déclassés,d’individus sans emploi ou trop pauvres pour appren-dre un autre métier, embrasse celui-ci. Une foule d’Ir-landais qui, une fois passé le canal de Saint-Georges,s’estiment trop heureux d’avoir la mince existence des tis-serands à la main, tant est profonde la misère de leursfrères d’Irlande, s’y précipitent pareillement. Enfin, unetroisième cause mentionnée par les commissaires, c’estque les ouvriers qui se vouent à ce triste métier y peu-vent utiliser leurs enfants.
Après ces préliminaires, suivis d’un tableau fidèle dela détresse des hand-loom weavers, le rapport arrive à laquestion des remèdes à appliquer à un si grand mal. 11s’agit de procurer du travail aux tisserands à la main,ou de faciliter leur passage à d’autres occupations. Lesmanufacturiers anglais n’ont pas de penchant pour cetteclasse d’ouvriers ; ils n’aiment pas à leur confier la ma-tière première, le filé, parce qu’en effet les tisserands àla main en soustraient quelquefois. Les commissairesdemandent une loi sévère contre les recéleurs de filésdérobés. Lorsque les enfants des tisserands à la main seprésentent dans les filatures ou dans les grandes fabri-ques pour y être admis en qualité d’apprentis, les ou-vriers de ces établissements se coalisent pour leur eninterdire l’entrée, comme si ces pauvres malheureuxappartenaient à quelque race maudite. Les commissai-res conseillent, en conséquence, de refaire la loi contreles coalitions. Mais ce sont là des mesures d’une effica-cité restreinte et, pour ainsi dire, locale, je pourraisajouter pour quelques-unes, douteuse. Le rapport en in-dique d’autres d’une application plus générale, d’unevertu supérieure.