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SIXIÈME LEÇON.
Enfin, ils proposent un dernier remède, l’éducation.Nous avons vu que cette'tûalheureuse classe des tisse-rands à la main se recrutait principalement parmi lesgens sans emploi, les désœuvrés, les fainéants, les mem-bres infimes de la société. Donnez à tous ces hommes unétat ; façonnez leurs doigts à des travaux plus utiles etplus lucratifs. Et surtout relevez leur moral ; inspirezaux enfants, si vous ne le pouvez pour les pères, ce sen-timent de dignité qui fait que l’homme, en face de la mi-sère, lutte courageusement pour s’y soustraire, et alorsvous verrez le mal s’amoindrir de soi-même pour dispa-raître un jour.
Ici les commissaires ont oublié d’ajouter que l’éduca-tion devrait être double et s’étendre aux maîtres commeaux ouvriers. Le manufacturier anglais ne paraît pascroire que l’homme qu’il emploie dans ses ateliers soitde la même nature que lui. Ce chef orgueilleux a besoinqu’on lui rappelle que le maître et l’ouvrier sont les en-
et a atteint 368,000 en 1852. Il est parti des ports du Royaume-Uni, dansles trente-neuf années finissant le 31 décembre 1853, 3,792,000 émigrantsdont 2,120,000 depuis le 1 er janvier 1846.
Circonstance bien digne d’attention, et faite pour convaincre même unincrédule de tout ce qu’on peut attendre du libre essor des intérêts privés,dans les pays où règne une moralité forte, c’est que cette immense émi-gration s’est faite sans que l’État s’engageât dans de grandes dépenses. Ils’est borné à instituer un mode de surveillance efficace sur les moyens detransport des émigrants. Des hommes de bien, animés d’une haute etreligieuse philanthropie, se sont consacrés, avec un zèle et une abnégationadmirables, à éclairer le gouvernement sur les abus qui se commettaientdans les navires d’émigrants et sur les moyens d’y remédier, et ils ontde leurjpersonne accompagné les convois d’émigrantsdans l’entre-pont desnavires qui les portaient. Des femmes héroïques se sont associées à ces ef-forts. Les renseignements sur ce sujet, qu’on rencontre épars dans lesdernières enquêtes parlementaires sur la colonisation, font le plus grandhonneur à la nation britannique. On ne saurait trop recommander desactes pareils à la reconnaissance et à l’imitation des peuples civilisés.
(Note de la présente édition .)