Buch 
Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
384
JPEG-Download
 

384

COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

fants d’an même Dieu. Il faut qu’il s’accoutume à res-pecter et à aimer ce frère déshérité qui gagne son painde chaque jour à la sueur de son front (1).

Les commissaires me semblent avoir commis un autreoubli. Une foule d’Irlandais se jettent annuellement dansla classe des tisserands à la main, et aggravent ainsi cetteplaie de l’Angleterre. Les commissaires auraient pu voirdans ce fait la preuve qu’une faute ne reste jamais impu-nie. La misère de l’Irlande, cette misère sans nom commesans exemple, est l’effet des barbaries et des spolia-tions qui ont marqué la conquête anglaise; le poids decette iniquité retombe aujourd’hui sur les enfants desconquérants. C’est en réparant ses torts envers l’Irlandeque l’Angleterre remédiera, plus efficacement peut-êtreque par tout autre moyen, aux maux qui affligent unepartie de sa population ouvrière ; c’est là, ce semble,un des plus sûrs topiques contre la détresse des tisse-rands à la main (2).

(d) Depuis l’époque où cette leçon a été faite, les sentiments respectifsdes classes qui sont en présence dans l’industrie, se sont beaucoup amé-liorés en Angleterre. (Note de la présente édition.)

(2) Depuis l’année 1841, la condition de l'Irlande s’est améliorée. Leparlement a réformé sur beaucoup de points essentiels la législation spé-ciale relative à cette partie du Royaume-Uni. L’agriculture y a été encou-ragée, comme au surplus dans la Grande-Bretagne proprement dite, pardes avances de fonds. La liquidation des propriétés obérées y a été faci-litée. Le respect de la loi protectrice des personnes y a été renforcé, demanière à attirer sur le sol irlandais des agriculteurs anglais ou écossais,qui apportassent avec eux les bonnes méthodes. A divers égards, on arendu plus complète l’assimilation de l’Irlande à l’Angleterre. Enfin lesIrlandais, cédant à l’aiguillon de la nécessité, se sont occupés eux-mêmesavec intelligence de l’amélioration de leur propre sort : ils se sont mis àémigrer. Un exode, c’est le nom qu’on emploie dans le pays même, s’estorganisé; des hommes d’élite se sont transportés en Amérique, s’y sontvoués à un travail opiniâtre et en ont envoyé le produit en Irlande pourservir au voyage de leurs parents et amis. Les sommes qui ont reçu etreçoivent tous les jours cette destination sont énormes. Dans un bon mé-