450 • COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE:
204 kilomètres, et qui offrait des difficultés toutes par-ticulières, coûtera, par kilomètre, 320,000 francs. Mêmeavant qu’on ne connût les chemins de fer, il aurait falluqu’un canal dût rendre de bien grands services pour jus-tifier un déboursé pareil.
L’une des questions qu’on a le plus agitées au sujetdes canaux est celle de savoir si c’est à l’État ou à l’in-dustrie privée qu’appartiennent ces entreprises. Je mepropose de la traiter à part, dans le cours de l’une desannées suivantes, avec détail, non-seulement pour lescanaux, mais pour les voies de communication perfec-tionnées en général. Dès à présent, voici sur ce sujetun aperçu rapide. On ne s’est pas borné à discuter lesavantages de l’exécution par l’État ou par les compa-gnies à l’égard des canaux. On a essayé de l’un et del’autre système. Le résultat n’a pas été uniforme. EnAngleterre, tous les canaux sontaux mains decompagnies,sauf un, le canal Calédonien, qui est destiné à assurerune communication stratégique plutôt qu’à l'usage ducommerce. En France, les compagnies possèdent quel-ques canaux; mais l’État est le propriétaire exclusif outout au moins l’administrateur du, plus grand nombre.Les canaux des compagnies sont bien tenus. Les canauxde l’État le sont très-médiocrement; à bien dire, pourla plupart, ils ne sont pas terminés encore, et Dieu saitquand ils le seront, et la gestion en est au-dessous dumédiocre. Les chômages y sont excessifs (1) et mal coor-donnés. Les règlements laissent à désirer; les péagessont mal assis. Chez nous, en un mot, le systèmede l’exécution et de l’exploitation par l’État n’a pasréussi.
(1) Sur le canal du Berry, le chômage moyen de 1845 à 1849 inclusive-ment a été de 118 jours; sur le canal latéral à la Loire, il a été de 88;sur le canal de Bourgogne, de 118. (Note de la présente édition .)