Buch 
Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
449
JPEG-Download
 

449

NEUVIÈME LEÇON,quelque révolution ou quelque guerre eût fait laisserl’entreprise à moitié chemin (1).

Il faut donc que, clans la construction des canaux,l’État, s’il s’en charge, ait égard à la somme des capi-taux qu’il peut raisonnablement se procurer, afin dene pas dépasser cette limite. Ce qui revient à cette rè-gle élémentaire, qu’on est surpris d’avoir à rappeler, quelà, comme partout, il faut proportionner ses entreprisesà ses ressources. Cette règle n’est pas moins absoluepour les compagnies que pour l’État.

La dépense des canaux en France a été très-variable.Un ensemble de dix lignes qui comprend les trois canauxde Bretagne, le canal de Bourgogne, ceux du Rhône auRhin, d’Arles à Bouc, latéral à la Loire, du Berry, duNivernais et du Centre, formant un développement de1,970 kilomètres, a coûté 270 millions. C’est par kilo-mètre une moyenne de 137,000 francs. Le canal deBourgogne a coûté 230,000 francs, tandis que celui duRhône au Rhin n’a exigé que 90,000 francs, et le canaldu Berry, qui, à la vérité, est à petite section, que80,000 francs. Encore estime-t-on que, pour achever lecanal de Bourgogne, il y faudra au moins un supplé-ment de 5 millions et demi, soit 23,000 francs parkilomètre , ce qui en porterait la dépense totale à253,000 francs. Les autres canaux requièrent aussi unsupplément de dépense qui paraît devoir s’élever pourl’ensemble à 40 millions; la moyenne générale des dixlignes serait portée ainsi à 157,000 francs. Le canal la-téral à la Garonne, dont le développement sera de

(t) Des dissentiments politiques entre les hommes les plus influents del’État ont empêché que la reconstruction du canal Érié ne fût terminéeaussitôt qu’elle aurait dû l’être. Elle a même été suspendue pendant quel-ques années, mais aujourd’hui on y procède avec les revenus mêmes ducanal, qui sont considérables. (Note de la présente édition.)

I. 29