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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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470 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

de lourds fardeaux, pourvu que la pente soit douce.Après avoir fait des merveilles pour le transport des per-sonnes, avoir multiplié le nombre des voyageurs d’unemanière surprenante, les chemins de fer s’annoncentcomme devant faire aussi des prodiges pour le transportdes marchandises. On construit maintenant des loco-motives en état detraîner 200 tonnes (200,000 kilo—gram.) de charbon, pourvu que le chemin à parcourir aitdes pentes très-modérées, et on a lieu cl’espérer mieuxencore (1).

La concurrence s’établit donc entre les chemins defer et les canaux, pour le transport des marchandises.Les chemins de fer enlevèrent sans peine tout ce quiavait une valeur passablement élevée , tout ce quiréclamait de la rapidité. Dans cette lutte, chacune desparties se présente en développant successivement lesavantages qui lui sont propres. Les chemins de fer,outre la rapidité, ont pour eux plus de ponctualité.La gelée ne les paralyse pas, tandis qu’elle suspendla navigation sur les canaux, dans les pays du moins oùl’hiver est rigoureux et long. Les chemins de fer trans-portant beaucoup de voyageurs et en retirant un beaurevenu, peuvent, par un artifice de comptabilité, mettreà la charge de ce service une partie de leurs frais géné-raux, et se contenter, relativement aux marchandises,de peu de chose au delà des frais de traction. Or,ces frais, quand les convois de marchandises sontcomplets, sont très-modiques dans le cas de pentes fai-bles. Si le chemin de fer offrait fréquemment des pentes

(1) Depuis 1841, date de la présente leçon, la locomotive a reçu de biengrands perfectionnements et acquis une puissance bien supérieure à cellequ’on lui connaissait alors. En ce moment on emploie des locomotivesqui, sur les lignes dont la pente est favorable, traînent 500 tonnes demarchandises. (Note de la présente édition.)