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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

Ainsi, un tissu de coton pourra être fabriqué écru enAngleterre, recevoir une première façon à Rouen, uneseconde à Appenzell en Suisse, et venir se vendre dansun magasin du boulevart à Paris. Ces arrangementsdonnant lieu à un accroissement de résultat pour unemême quantité de travail, c’est à dire qu’il s’ensuit uneaugmentation de la richesse.

Les chemins de fer ont une action d’un autre genre etfort intéressante, par la réduction marquée qu’ils font etdoivent de plus en plus faire éprouver au capital de rou-lement nécessaire aux diverses branches de l’industriemanufacturière. Si je suis un filateur de coton à Mul-house ou en Suisse, et que, par les anciens moyens detransport, le coton mette quinze jours à m’arriver duHavre, il est bien clair qu’un nouveau mode de commu-nication qui me permettra d’avoir ma matière premièreen 36 heures, diminuera sensiblement le capital dontj’ai besoin pour me livrer à mon industrie ; en d’au-tres termes, avec le même capital je pourrai produirenotablement plus, créer une plus forte masse de richesse.Il me fallait un capital d’un million pour produire deuxcent mille kilogrammes de fil, il me suffira désormais dela moitié peut-être, ou bien avec le même capital d’unmillion, je produirai une quantité double. Pour l’écou-lement de mes produits le chemin de fer me donnerale même avantage que pour l’acquisition de la matièrepremière, et à ce point de vue encore réduira le capitalnécessaire à mon industrie.

En un mot, les chemins de fer apportent à la société detrès-grands avantages. A n’envisager que l’économiequ’ils procurent dans le service des transports, ce seraune somme très-considérable (1).

(1) Le docteur Lardner (Railway Economy, p. 180), calculant pourl’Angleterre, pour les deux années closes au 30 juin 1848, estime que