DIXIÈME LEÇON. 477
écouler les produits d’une mine de houille pourvue d’unegrande clientèle.
On n’avait pas non plus suffisamment apprécié la fa-cilité qu’on a réellement à franchir les rampes par lemoyen de la vitesse acquise, en les faisant précéder depaliers à peu près de niveau. Enfin on ne connaissait pasassez les ressources qu’offrent soit le couplement desroues, soit l’emploi des locomotives pesantes, soit enfinla détente variable de la vapeur, pour donner à un mo-ment donné ce qu’on peut appeler un coup de collier (1).
Au sujet des courbes, on s’est exagéré les inconvénientsdes rayons de moins de 500 mètres. Un machiniste sa-chant son métier, et il s’en forme un grand nombre, ra-lentit à propos le convoi, et traverse les passages répu-tés difficiles, sans qu’il en résulte une perte de tempsappréciable. C’était donc un problème qu’on pouvaitrésoudre , que celui d’obtenir de grandes vitesses surdes courbes de moins de 500 mètres de rayon, sansrisquer la vie des voyageurs, et sans exposer les rouesdu convoi à des frottements qui les usassent en peu de
(1) Aujourd’hui tous les ingénieurs des chemins de fer sont justementfrappés de la grandeur des résultats obtenus en Autriche pour la traverséedu Simmering, où l’on a admis des pentes qui vont jusqu’à 25 millimètrespar mètre et des courbes de moins de 200 mètres de rayon. Un concoursouvert avec solennité a produit des locomotives très-intéressantes, parmilesquelles la plus remarquable de beaucoup est celle de M. W. Engertb,conseiller technique de l’Empire. Elle remorque des convois relativementpesants (d’un poids brut de 137 tonnes) sur ce chemin de fer très-diffi-cile; jusque-là on n’atteignait que les deux cinquièmes de cette charge.Elle fonctionne très-bien et avec économie. Yingt-six machines de cesystème ont été commandées par le gouvernement Autrichien, et dansles divers pays de l’Europe plusieurs compagnies en font exécuter de pa-reilles dont elles tireront un très-grand parti sur des rampes moins fortesque celle du Simmering. La supériorité de la machine Engerth tient àl’emploi intelligent des trois éléments signalés ici : le couplement desroues, la pesanteur de la locomotive, et la détente de la vapeur.
(Note de la présente édition.)