DIXIÈME LEÇON. 479
La quantité de capitaux dont la Société peut disposer,même de nos jours, est encore bien modique par rapportaux besoins de tous genres qui en réclament. Un jourviendra où la Société en possédera beaucoup plus, etalors on fera les chemins de fer dans des données meil-leures, je veux dire qui permettent d’effectuer la tractionà moins de frais et d’y avoir plus de vitesse encore. Jesuis donc loin de condamner d’une manière absolue et àperpétuité les chemins de fer construits dans le systèmedes pentes très-douces et même des courbes à grand
rayons plus ou moins grands, et qui, à ce titre, est une disposition oné-reuse, ne doit cependant pas être considéré purement et simplementcomme une servitude et un inconvénient ; il a fini par devenir une res-source précieuse, même en ce qui concerne la traction des marchandises,en tant qu’il s’applique aux machines locomotives. C’est en effet ce quia permis d’établir ce que nous avons appelé avec tout le monde le oou-plement des différentes paires de roues des locomotives, et par consé-quent la solidarité de ces roues pour engrener avec les aspérités des railset servir ainsi toutes à l’avancement du convoi. Sans le couplement, iln’y a d’utilisée à cet effet que la pression supportée par les roues mo-trices (celles que les pistons des cylindres à vapeur mettent directementen mouvement). Il y a donc quelque arrangement nouveau à imaginerpour procurer au système des convois articulés l’utilité qui résulte del’adhérence d’au moins deux des paires de roues des locomotives. C’est àquoi l’on travaille en ce moment avec espoir de succès. La machine des-tinée aux essais est à peu près terminée en ce moment. (Mars 1855.)
Une autre invention, qui a fait beaucoup plus de bruit que celle deM. Arnoux et qui, à son apparition, reçut un accueil plus favorable descapitalistes, est celle du chemin de fer atmosphérique, dont l’objet étaitde gravir facilement les rampes fortement inclinées. Le chemin de feratmosphérique a été essayé en Irlande sur la ligne de Itingstown à Dalkey,en Angleterre sur celle de Croydon et sur celle du South-Devon, en Francesur la montée de Saint-Germain. Ce système se recommandait en ce que,non-seulement il eût dispensé de niveler le sol, mais aussi en ce qu’il eûtpermis des vitesses extraordinaires et rendu impossibles les accidents quiont lieu par le choc des convois entre eux; de tous les accidents ce sontles plus fréquents et les plus redoutables. Mais après quelque temps,on a cru devoir y renoncer partout, excepté sur le chemin de Saint-Germain. Le système atmosphérique a l’inconvénient de coûter fortcher, de premier établissement. C’est surtout sensible en France où