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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DOUZIÈME LEÇON. 515

sous le régime du libre parcours, c’est-à-dire que cha-cun y conduit son bateau, l’administration du canal sebornant à donner le passage sur sa ligne, moyennantune prime qu’on nomme péage. Le tarif des chemins defer diffère de celui des canaux en ce qu’il se composede deux parties distinctes, l’une comprenant le péagepour l’usage du chemin, l’autre représentant les fraisde la traction opérée par l’administration du chemin defer elle-même. En un mot, sur le canal, le tarif des som-mes dues à l’administration de l’entreprise ne repré-sente qu’une partie des frais subis par le commerce, etlaisse en dehors le fret proprement dit ; sur le cheminde fer, au contraire, c’est la totalité.

A l’origine, on était dans le doute sur la manière dontles chemins de fer seraient exploités. Les meilleurs es-prits en étaient réduits aux conjectures. Pendant long-temps on ignora la valeur et la portée de cette grandeinvention; caria locomotive, qui devait la compléter,lui donner toute son utilité et son vrai caractère, ne futelle-même inventée qu’après les chemins de fer, et mêmeaprès cette découverte, il restait encore des incertitudes.On était généralement disposé à croire que les cheminsde fer seraient, comme les canaux, abandonnés au ré-gime de la libre circulation, et que chacun pourrait yvenir avec son cheval ou avec sa locomotive. Il semblaitnaturel en effet d’assujettir ces voies nouvelles auxrègles adoptées pour tous les autres systèmes de viabilité.On répugnait d’ailleurs à instituer des monopoles pourle commerce des transports. On pensa donc, en premierlieu, à fixer le droit de passage que les propriétairesdes chemins de fer seraient autorisés à percevoir sous lenom de péage, conformément à ce qui se pratique sur lescanaux. Mais bientôt on vit qu’il y aurait de l’avantageà ce que l’entrepreneur du chemin se fît en même