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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
maintenant non pas seulement les primeurs et les mar-chandises de prix, à l’égard desquelles je vous ai signalédéjà les services que peuvent rendre les chemins de fer,mais bien certaines classes de marchandises communesqui se déplacent en masse, et particulièrement les den-rées alimentaires usuelles. J’en ai déjà dit un mot ausujet de la viande. L’aperçu que je vous recommanderaiaujourd’hui est applicable à cet article de l’alimentationpublique, mais il concerne plus spécialement le blé et levin.
L’un des plus grands fléaux qui puissent sévir au seindes sociétés, c’est la disette: un simple enchérissementdu blé est déjà une calamité. 11 est hors de doute que leschemins de fer doivent concourir efficacement à éloignerdans l’avenir ces crises, ou à en atténuer les effets. IIsuffit, pour s’en convaincre, de considérer attentivementcomment elles se produisent et comment elles se pro-longent. C’est là malheureusement une étude qu’il estaisé de faire; les occasions ne nous en manquent pas.
Dans les pays civilisés comme le nôtre, il n’y a jamais,à vrai dire, de famines réelles. L’orage peut s’abattre surune contrée et ravager la moisson ou la détruire ; maisle plus souvent ce n’est qu’un malheur local : si la ré- 'coite est mauvaise en Touraine, elle est probablementbonne en Normandie ou dans le Languedoc. Quelquefoisles intempéries des saisons affectent d’une manière gé-nérale la récolte au nord et au midi, à l’ouest comme àl’est ; on l’a vu, par exemple, en 1816. Mais nos fron-tières sont accessibles aux grains que produisent les Etatslimitrophes, et nos ports sont ouverts à ceux qui mûris-sent dans les champs de la Pologne ou dans les plainesde la Russie méridionale, ou dans les vastes territoiresdes Etats-Unis. Comment craindre une famine avec desi nombreux greniers à notre portée ? La variété des