TREIZIÈME LEÇON. 5o5
Quoiqu’en Belgique il y ait de l’aisance, et même dela richesse, si l’on y eût entendu l’exploitation des che-mins de fer comme en Angleterre, on s’en fût mal trouvé.La recette eût été d’une modicité fâcheuse pour letrésor : l’expérience faite par l’administration belge, queje rappelais tout à l’heure, en fournit la preuve. Maisen Angleterre la classe riche est tellement nombreuseque les grandes lignes, avec leur système d’exploitationfondé sur l’esprit de caste et d’exclusion, ont pu donnerdes dividendes de 9, 10,12 pour 100. Ce sont des revenusdont on se contenterait en tout pays, mais qui sont très-élevés en Angleterre, où le 3 pour 100 est ordinairementcoté à 90. Avec des profits aussi beaux, les compagniesanglaises n’ont pas été stimulées à chercher les moyensde rendre leurs chemins accessibles à toutes les classes.Et c’est ainsi que l’exploitation des lignes de fer de l’An-gleterre a pu prendre un caractère, je. ne dirai pas seu-lement aristocratique, mais profondément dédaigneuxet dur pour le vulgaire. On est fondé à penser cependantque les compagnies anglaises, en cette circonstance, ontmal compris leur intérêt.
Les profits faciles ont eu ici l’effet qu’ils doivent avoirpresque toujours, parce que c’est dans la nature hu-maine. Ils ont endormi l’esprit d’entreprise, ils ontfaussé leressortde l’activité commerciale, ordinairementsi énergique en Angleterre ; ils ont contribué à faire per-dre de vue aux administrations des chemins de fer cettemaxime, dont les hommes d’affaires de ce pays se mon-trent profondément imbus, que les industries les plusavantageuses sont celles qui s’adressent aux masses. Ilest impossible que le temps et au besoin la pression del’opinion publique ne fassent pas justice de ces faussesidées, disons le mot., de cet abus.
Le système d’exploitation adopté par les compagnies