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La monnaie / par Michel Chevalier
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PRÉFACE DE CETTE SECONDE ÉDITION.

de France et la Banque d’Angleterre, et qui se manifestaient,entre autres symptômes ostensibles, par les variations brusqueset fortes de leur encaisse métallique, c’est-à-dire de leur appro-visionnement en espèces monnayées ou en métaux propres à enfaire, n’ont pas peu contribué à fixer l’attention sur la Monnaie,sur les principes qui doivent la régir et sur la législation dontelle est l’objet, en môme temps qu’elles donnaient naissance àdes débats pleins d’intérêt, sur l’organisation même de ces insti-tutions.

Dans la chaleur de la discussion et dans le conflit des opinions,des idées surannées, qu’on pouvait croire reléguées à jamais dansle royaume des ombres, ont reparu comme des nouveautés salu-taires et ont été soutenues avec la même assurance que si c’eussentété des axiomes.

C’est ainsi que l’idée du double étalon a été ressuscitée, alorsqu’on eût pu supposer que personne ne serait plus tenté d’enparler, si ce n’est comme d’une bévue éclose en d’autres temps,à la faveur de l’ignorance publique, et désormais justiciable dudédain des hommes éclairés.

Pareillement on a retiré du tombeau la théorie décréditée dela balance du commerce. Dans des documents importants, on luia fait l’honneur de la célébrer comme une doctrine éminemmentjuste et utile.

L’usage s’est établi, dans le langage ordinaire et dans des ou-vrages réfléchis, dus à des personnes familières avec l’économiepolitique, d’étendre la dénomination de Monnaie à des signesauxquels il semblait qu’elle ne dût plus s’appliquer. C’est ainsiqu’aujourd’hui, de tous côtés, on parle du billet de banque enle qualifiant de Monnaie Fiduciaire, sans s’inquiéter de savoir sic’est bien là ce qu’il est permis d’appeler de la Monnaie, et sansse demander si, en le dénommant ainsi, on ne provoque pas ledésordre des idées, d’où naît le désordre des faits.

II n’en faut pas davantage pour montrer qu’il est opportun deréaffirmer, au sujet de la Monnaie, les principes qu’avaient énon-cés les maîtres de la science, depuis Aristote jusqu’à AdamSmith et Turgot.

Le peu d’encouragement qu’a obtenu jusqu’à ce jour en Francel’enseignement de l’économie politique ne contribue pas peu àobscurcir ou à maintenir dans les ténèbres l’opinion publique,relativement à la Monnaie, de même que sur une multitude