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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
supposait pour chaque pièce un poids déterminé de métalfin ; elle devint, en droit public comme en fait, un signesoumis au bon plaisir du souverain. Par ce simple artificede vocabulaire, on légitimait le brigandage que le princeexerçait envers ses sujets, quand il les forçait à prendre,pour un certain poids d’un certain métal, ce qui n’en étaitqu’une partie ; on sanctionnait le bouleversement desfortunes privées qui résultait de ce que les débiteurs s’ac-quittaient avec beaucoup moins qu’ils ne devaient. L’opé-ration de la fausse monnaie eut elle-même son nom légalet bienséant : cela s’appelait dans les édits augmenter lamonnaie, parce qu’on augmentait le nombre des piècesdites livres qu’on taillait dans un marc d’argent. Danscette langue étrange on disait que la monnaie était dimi-nuée, lorsque l’on restituait à la livre une portion de savaleur première, en frappant un moindre nombre depiècesdu même nom avec la même quantité de métal. Tout,jusqu’au sens naturel des mots, était falsifié. Mais dumoins, une fois la doctrine bien établie, l’opération dechanger les monnaies se fit publiquement ; ce fut l’exer-cice d’un des droits reconnus au souverain.
La France est le pays où cette théorie, conçue pour laréhabilitation du faux-monnayage exécuté par le souve-rain, avait été le plus élaborée et où elle fut le plus en hon-neur. Même après la refonte de 1726, ù partir de laquellenos annales n’offrent plus d 'augmentation àz la monnaie,l’esprit de rapine resta dans l’administration pour tout cequi touchait à la fabrication des espèces. Dans un mé-moire, sous forme de discours, que Mirabeau fit distribuerà ses collègues de l’Assemblée constituante, en décem-bre 1790, et qui peut être considéré comme un traité surla Monnaie, je trouve un exemple utile à rappeler de cetteinspiration malfaisante. On sait, et nous y reviendronsquand nous parlerons de la falsification des monnaies,