LA MONNAIE. SECTION II, CHAPITRE I. 49
pour cause », et ou s’en expliquait en ajoutant « pourtenir la chose .plus secrète » (Ordonnance du 27 juin 1360et autres). On ne se bornait pas à tromper le public, onabusait encore de la bonne foi des changeurs ou com-merçants en métaux précieux, en les payant avec desespèces au-dessous du titre spécifié dans les ordon-nances. Dans ce cas, le mandement, tenu secret commeun crime, menaçait les maîtres et les employés des mon-naies du châtiment le plus sévère, s’ils osaient révéler cemystère d’iniquité aux marchands de métaux qui endevenaient les premières victimes. « Sur le serment quevous avez fait au roi, tenez cette chose secrète, » dit lemandement du 24 mars 1350. « Gardez si chers commeavez vos honneurs qu’ilz (les changeurs) ne saichent la loi(le titre) par vous, à peine d’ôtre déclarés pour trais-très. » Voilà comment s’exprime un mandement de sep-tembre 1351 (1).
Ainsi on ne se contentait pas de voler le public, on ledémoralisait par l’exemple du souverain ! Cette rapineeut la bonne fortune qui échoit souvent aux abus chez lesnations qui se sont laissé dépouiller de leur liberté, elleacquit l’autorité de la chose jugée et devint respectable !On discuta dans les états-généraux la convenance de ra-cheter aux princes leur droit de faux-monnayage, moyen-nant une somme une fois payée. Le marché fut passé sousle roi Jean (2), ce qui n’empècha pas les altérations posté-rieures. Finalement, le goût de la jurisprudence s’étantrépandu, et les formes extérieures du droit ayant acquisbeaucoup d’empire, des sophistes, comme il s’en ren-contrera toujours pour se mettre au service de toutetyrannie, édifièrent une doctrine complète pour la ma-tière. La monnaie ne fut plus une marchandise , ce qui
(1) Leber, p. 232.
(2) Bailly, chap. III et IV.
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