52
COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE. •
toire. Eb 1841, c’était, au Mexique, de 4 1/2 pour l’argentet à peu près autant pour l’or ( 1 ). Il est vrai que, dans cespays où les mines sont exploitées en grand, c’est un impôtanalogue aux taxes qui, en Europe, sont établies sur lesproduits du sol ou de l’industrie, à l’excise anglaise, ou ànos droits sur les vins et eaux-de-vie ; ou plutôt l’Améri-que ayant le monopole de l’approvisionnement du mondeen argent, et le métal extrait des mines étant, après lemonnayage (2), presque en totalité exporté des pays pro-ducteurs, c’est un tribut que les gouvernements de l’A-mérique espagnole se sont fait payer par les peuples quin’ont pas de mines ou n’en ont pas ce qu’il leur en fau-drait pour se suffire. C’est comme si le gouvernement desÉtats-Unis avait frappé d’un droit de sortie les colons brutsque toutes les manufactures de l’Europe allaient chercherdans l’Amérique du Nord à peu près seule, ou comme lataxe que l’ancien gouvernement napolitain percevait surl’exportation du soufre.
Une fois qu’il était admis que la monnaie cessait d’êtreun équivalent, ainsi que les hommes l’avaient conçue etinstituée, pour n’êlre plus qu’un signe, il devait arriverqu’on allât au delà du changement qui avait consistéà diminuer la quantité du métal fin contenu dans chaquepièce de monnaie. On était sur une pente qui devait con-duire à substituer à l’or et à l’argent d’autres métauxmoins appréciés; nous en avons cité plus haut quelquesexemples. Il était même assez naturel qu’on fît un pasde plus en remplaçant l’or et l’argent par d’autres sub-stances encore plus dépourvues de valeur intrinsèque, etfinalement par de simples inscriptions sur le papier. C’est
(1) Duport,p. t"6-
(2) Au Mexique, pendant un certain nombre d’annces après l’indépen-dance, la sortie des métaux précieux en lingots a été prohibée. Il en aété de même dans ta plupart des républiques de l’Amérique espagnole.