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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

mis de fabriquer en plus grande quantilé et à moins defrais, et dont, en conséquence, la valeur baisse; ou bien,c’est le blé ou le vin dont une mauvaise récolte aura pro-duit la rareté et dont, par conséquent, la valeur monte.La preuve que la variation ne devra pas être imputée aumétal dont la monnaie est faite, c’est que la hausse ou labaisse ne se sera révélée que pour un objet ou deux ; lesautres n’auront pas varié, ou auront varié en sens con-traires. Ou bien, si la hausse ou la baisse s’est manifestéedans un pays sur un grand nombre des articles, la varia-tion ne se sera pas étendue aux autres contrées, ni au mêmedegré, à beaucoup près, à toutes celles qui auront étéatteintes. Si c’étaient les métaux précieux qui eussent subile changement, les prix de toutes choses auraient variédans le même sens universellement, et à peu près dans lamême proportion partout.

Mais quand on envisage deux époques fort éloignées, iln’est pas aussi facile de décider si les différences de prixqu’on observe sont imputables aux métaux dont on fait lamonnaie ou aux objets eux-mêmes, et il est fort malaiséde découvrir dans quelle proportion elles proviennent desuns et des autres. Les travaux des archéologues montrentque, du temps de Périclès, le prix du blé était moindrequ’aujourd’hui, c’est-à-dire que le blé s’obtenait en retourd’une moindre quantité d’or ou d’argent; mais il faut queje me livre à beaucoup de recherches pour être en positionde dire si c’est que, depuis lors, le blé a pris plus de valeur,ou que 1 or ou l’argent a perdu de la sienne, et, dans le casplus probable où l’un et l’autre auraient changé de valeur,dans quel sens le changement a eu lieu pour chacun etquelle en a été, même approximativement, l’étendue. Pourêtre en droit de rien affirmer, j’aurai à mettre en parallèle,aux deux époques, les valeurs métalliques des denréesusuelles, des services les plus habituels que les hommes se