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LA MONNAIE. SECTION III, CHAPITRE I.
d’argent monnayé qui s’échange contre cet objet. C’est lerapport entre la valeur de l’objet et celle du métal dont lamonnaie est faite, en y ajoutant le montant, ordinairementtrès-faible, des frais qui sont inhérents à l’opération dumonnayage ou qui l’accompagnent. Le prix de toute choseest variable : quand il monte, c’est que l’objet se trouveavoir plus de valeur en comparaison du métal, or ouargent; quand il baisse, c’est que l’objet, relativement aumétal, vaut moins qu’auparavant.
De la sorte, les mots valeur et prix expriment tous lesdeux une relation. Mais le premier est général, et par lamultiplicité des rapports auxquels il peut s’étendre, il restevague; le second indique une relation spéciale bien dé-terminée; quoique représentant des idées distinctes, ilssont souvent confondus, môme dans des traités d’Écono-mie politique (1).
La baisse ou la hausse des prix, en un lieu déterminé,peut avoir sa source dans la variation de la valeur des mé-taux précieux ou de celle des objets. Avant d’avoir exa-miné les détails du cas, il n’est pas permis d’attribuer lechangement à l’une plutôt qu’à l’autre de ces deux causes.Cependant, habituellement, les conditions générales del’offre et de la demande, ainsi que celles de la production,restant à peu près uniformes à l’égard des métaux pré-cieux pendant l’espace de temps qui répond à la durée dela plupart des transactions, on peut aftirmer, à moins decirconstances extraordinaires, que toute forte variation deprix, en hausse ou en baisse, a son origine dans la raretéou l’abondance relative de l’objet dont il s’agit. C’est unarticle manufacturé qu’une invention nouvelle aura per-
(1) Au sujet du sens qu’il faut attacher au mot de valeur, je renvoiele lecteur à un ouvrage d’un rare mérite, dû à un homme dont l’Éco-nomie politique déplorera longtemps la mort prématurée : les Harmo-nies économiques, de Frédéric Basliat.